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Rédigé le 9 Juin 2010 à 19:25 - 1 modification - Modifier ce billet
"Stasiland" d' Anna Funder
Ce livre est à la fois un roman, un documentaire et un essai historique sur la Stasi police secrète de l'Allemagne de l' Est. Nous allons mettre nos pas dans ceux d'une jeune journaliste australienne qui mène une enquête pour mieux connaître le destin de ceux qui furent interrogés, brisés, anéantis par cette incarnation du régime soviétique de la RDA. On découvre l'histoire de Miriam Weber 16 ans à l'époque et qui après avoir tenté de franchir le Mur passa plusieurs jours d'interrogatoire avant de se voir mis au ban de la société mais également de celle d'une femme Frau Paul séparé de son enfant peu de temps après sa naissance, hospitalisé à l'Ouest lors de la construction du mur. La force de ce livre d'Anna Funder est de ne pas avoir donné juste la parole aux victimes, une petite annonce dans le journal et les témoignages sous couverts d'anonymats commencent à abonder. Ce sont des ex cadres aux responsabilités diverses et variées, des indics, des nostalgiques d'un régime "bénie" où le chômage n'existait pas qui vont s'exprimer.On découvre alors avec un brin de stupeur l' immensité et la complexité des mesures prises pour garder sous contrôle l'ensemble de la population Est Allemande.
Un portrait qui se veut le plus complet possible sur une époque officiellement révolu mais dont le souvenir se perçoit encore de façon qui peut paraître surprenante vu de l'extérieur de l'Allemagne mais qui devient peu à peu des plus compréhensible lorsqu'on y repense. On découvre que le travail de mémoire peut cacher un sens quelque peu différent. Avant de souvenir il faut savoir et pour savoir il faut reconstituer à partir des archives disponibles des dizaines et dizaines d'année de la vie de tout un peuple. C' est sur cette tâche onirique que travail quelques fonctionnaires assemblant petit à petit ce qui a été retrouvé des dossiers de la Stasi détruit à la vas-vite lors de la chûte du régime. Un "puzzle de mémoire" qui a fort peu de chance d'être achevé du vivant des personnes directement concernés. Ces personnes pour qui lire leurs dossiers c' est découvrir ce que le régime savait de leur vie, de mettre un nom sur celui ou celle qui les a renseigné.
Il est vraiment difficile de parler de ce livre tant son sujet reste d'actualité. Je ne lui trouve que peu de chose à lui reprocher. Bien écrit il se lit très facilement, l'alternance des témoignages et leurs intégrations dans l'histoire de la journaliste et de son enquête permettent d'éviter aux lecteurs de se lasser. Le seul petit reproche serait sur la vie de la jeune femme qui bien que romancée est loin d'être la plus intéressante, elle était nécessaire mais je me serai bien passer de certain développement.
Stasiland est sans hésitation un livre que je n'oublierai pas.
Rédigé le 28 Février 2010 à 09:28 - 1 modification - Modifier ce billet
"C'est au pied du mur qu'on mange les merles" de Luc Doyelle
C'est au pied du mur qu'on mange les merles est le roman de Luc. Sa première oeuvre : Les liaisons presque dangereuses m'avait enthousiasmée et ma chronique le démontre de manière incontestable.Ce nouvel écrit est à l'image du premier sur lequel je n'avais pas, je pense, suffisamment mis l'accent sur l'humour présent à chaque page.
Dans Les Merles comme j'appelle ce roman affectueusement, on y retrouve les mêmes personnages, les mêmes héros mais quelques années plus tard. Lucius s'active à faire la promo de son premier roman et à la manière de Retour dans le futur, on assiste à des va et vient dans la passé, le futur. Le Lucius d'aujourd'hui croise son autre (son lui ?) quinze plus tôt, le croise et le recroise à divers moments de sa vie au cours d'une visite des plus banale dans un placard dans le but, que nous faisons tous deux par an, de d'intervertir les habits d'été et d'hiver.
L'humour y est fortement présent. J'ai terminé ce second roman pendant mes vacances en Ardèche, surtout le soir sous la couette au sens propre du terme car je partageais ma chambre avec deux de mes enfants et ne voulais les incommoder par la lumière. Je n'ai pu cependant réprimé quelques éclats de rire, quelquefois étouffés, d'autres incontrôlables (pardon ma Puce de t'avoir réveillée parfois).
L'humour y est fort, présent tout au long du roman. On rit mais je ne parle pas d'une ébauche de sourire, je parle d'un rire franc, fort et impossible à contrôler.
Concernant l'écriture, la travail suit son oeuvre et Luc est incontestablement un travailleur acharné. Ses textes s'en ressentent, j'y ai perçu plus de maturité, plus de maîtrise et Luc est Luc et il laisse son empreinte, son style, son "moi" avec sensibilité et son coeur.
Alors Luc, nous nous commençons à bien connaître maintenant et je ne vais te lancer des fleurs gratuitement, non, non, non !!! J'ai beaucoup aimé Les Merles mais il m'a manqué un petit quelque chose, un je ne sais quoi. Les allers-retours dans les différentes périodes de ta vie ne m'ont absolument pas déroutée, au contraire, j'ai trouvé l'idée très originale. Peut-être est-ce du alors au fait qu'il n'y avait plus l'effet découverte ? Je ne sais pas.
Je vous conseille cependant avec ferveur et conviction la lecture de "C'est au pied du mur qu'on mange des merles" mais attention il y a un risque : celui de vous décrocher la mâchoire à force de rire.
Quant à toi Luc, le gamin timide, ne t'arrête pas. Avec la sensiblité et la talent que tu possèdes, tu écriras un jour un très grand et véritable chef d'oeuvre et ce jour-là, je serai encore là pour le lire.
Rédigé le 20 Février 2010 à 10:12 - 1 modification - Modifier ce billet
Mma Ramotswe détective
L'histoire : Mma Ramotswe est une grosse femme africaine (l'auteur la présente comme cela) qui, à la mort de son père, décide d'investir son héritage pour monter la 1ère agence des Dames détectives du Botswana. Mma Ramotswe ne manque pas de sens pratique et d'audaces et résoudra tous les cas qui se présenteront à elle. Mma Ramotswe n'est pas sûre que son "commerce" fonctionnera mais elle trouve finalement une clientèle et résoud, de façon avisée, quelques affaires qui lui sont confiées. Mma Ramotswe a bon coeur et mène à bien les missions qui lui sont confiées!J'ai adoré ce roman qui est composé de plusieurs enquêtes de Mma Ramotswe. On découvre également son histoire, ce qui nous permet d'appréhender le personnage. C'est frais, naïf à première vue (mais en fait, pas tant que ça) et l'on se sent vraiment plongé en Afrique! Je me suis bien amusée notamment en lisant les réflexions de Mma Ramotswe, notamment quand elle dit qu'elle "en a assez des maris"... Un bon moment, je suis sûre que je lirais les tomes suivants des aventures de cette gentille Precious, qui n'hésite pas à ajouter son grain de sel dans les affaires qui lui sont confiées. Je ne regrette pas d'avoir modifié mes choix pour le défi sur la littérature policière puisque ce changement m'a beaucoup plu!
Rédigé le 2 Février 2010 à 11:17 - 1 modification - Modifier ce billet
Un homme louche, François Beaune
Un Homme louche reprend le - faux - journal de Jean-Daniel Dugommier à deux époques de sa vie. Le premier cahier débute en 1982. C’est un ado acnéique, cheveux gras, chemise à carreaux, fan de hard-rock satanique qui présente sa vision du monde. Il a des superpouvoirs dit-il. Vingt-cinq ans plus tard, un séjour en hôpital psychiatrique plus tard, on retrouve Jean-Daniel à Lyon, correcteur de presse, « petit homme limité ». Son fils vient de mourir. Il erre dans les rues. Et observe toujours. Met sur pied des théories plus fumeuses les unes que les autres… Parmi lesquelles, le concept du louche ou sous-réalisme…« Définition
Loucher, c’est se tenir en-deçà, dans les brèches de la réalité.
La réalité prend toutes les formes du fromage. Quand ça ne va pas, elle peut apparaître aussi totalitaire que la pâte du comté, mais les beaux jours elle donne l’impression d’un gruyère à explorer. Sa plus juste représentation pour moi est peut-être la pâte du morbier. Ce trait de moisissure tel un couloir de limbe. En louchant je voudrais faire dévier cette ligne. »
Un roman très drôle et très triste. Une écriture fluide et des esprits alambiqués. Mon roman préféré de la rentrée !
François Beaune a tout juste trente ans.
François Beaune est polyvalent. Veilleur de nuit, barman, commis de cuisine… il a fait tous les métiers du monde. Avec cette envie un jour d’écrire un roman. Il y a deux ans, le voilà en Irlande, il a le temps d’écrire. Quand il revient à Lyon, c’est avec un roman. 800 pages. Il le retravaille, est publié chez Verticales.
François Beaune est d’une modestie désarmante.
François Beaune est drôle. Avec Fabrice Turrier, auteur-illustrateur jeunesse et adulte, et Xavier Lacombe, dessinateur de presse, il fait Louche actualité (www.loucheactu.blogspot.com). Et c’est à mourir de rire ! Ils se réunissent avec leurs ciseaux rigolos et leurs esprits aiguisés et réécrivent l’actualité.
François Beaune est plein de projets : outre Louche actualité, il y a Cinéma à l’envers – ou comment prendre le processus de la création à l’envers, ce sont d’abord des plasticiens qui font l’affiche de leur film idéal, les réalisateurs réalisent ensuite des courts-métrages en s’inspirant des affiches –, une adaptation d’Un homme louche au théâtre du 1er au 4 juillet aux Subsistances, et un nouveau roman en cours d’écriture – il ne veut pas en parler, c’est que François Beaune est presque timide !
Il me demande si j’écris, je lui réponds : « Grand dieu, non ! » Lui : « Ne commence jamais, c’est une sale manie ! »
Rédigé le 2 Janvier 2010 à 15:22 - 1 modification - Modifier ce billet
Une odeur de gingembre, Oswald Wynd
L'histoire: Mary Mackenzie part en Chine épouser Richard Collingsworth alors qu'elle a à peine 18 ans. Elle va apprendre à être indépendante et va jeter un regard très moderne sur l'impéralisme anglais. Sa vie à Pékin va être vite ennuyeuse et Mary va avoir une liaison avec un officier japonais, liaison qui fera s'écrouler toute sa vie puisqu'elle aura un enfant et la conduira à s'installer au Japon.J'ai été très touchée par la vie de Mary, son courage et son audace! Elle choisit sa vie à une époque où cela est impossible pour les femmes et ne se plaint jamais! Elle poursuit son chemin, envers et contre tout, fidèle à elle même et terriblement humaine! J'ai vraiment été bouleversée.
L'autre aspect intéressant de ce roman c'est la description de la Chine puis du Japon. On est tout à fait plongé dans le Japon de la 1ère moitié du XXème siècle et on suit avec plaisir l'intégration de Mary dans une culture qui lui est d'abord inconnue mais qui deviendra finalement la sienne. Et la fin est vraiment magnifique!
Bref, vraiment, c'est un indispensable! Un gros gros COUP DE COEUR!
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